
« Mein Kampf, c’était écrit » et « Mein Kampf, histoire d'un livre » par Antoine Vitkine
« Le procès du siècle. Les chroniqueurs célèbres de Nuremberg » de Peter Hartl
Deux frères Göring. Deux contraires.



A l’arrivée de Hitler au pouvoir en 1933, certains affirment qu’il manifeste publiquement son hostilité au régime nazi : il utilise son influence pour obtenir la libération de son ancien patron Juif Oskar Pilzer, arrêté par les Nazis, et il aide la famille Pilzer à fuir l’Allemagne. Il aurait agi ainsi en faveur de dissidents politiques.
Il s’installe en Autriche.
Directeur de Škoda Works en Tchécoslovaquie, Albert Göring favorise en 1944 les actes de sabotage et transmet des informations à la résistance tchèque. Il imite la signature de son frère sur des documents officiels pour permettre à des dissidents de quitter le pays. Interpellé, il recourt à son frère influent pour recouvrer la liberté. Il obtient aussi la libération de Juifs du camp de Theresienstadt en prétextant avoir besoin de main d’oeuvre.

Gêné par son nom patronymique, Albert Göring gagne sa vie modestement comme écrivain, traducteur, sans se prévaloir de ses actes courageux. Il sombre dans la dépression et l’alcoolisme. Quatre mariages consécutifs, trois divorces, la naissance de sa fille Elizabeth – il ne répond à aucune de ses lettres -, rythment sa vie.
Albert Göring est enterré en 1966 dans le caveau familial munichois surplombé par la devise des Göring : « Nous ne sommes pas de ceux qui plient, mais de ceux qui croient ».
En 2009, Thirty Four, livre de William Hastings Burke et un article de cet écrivain australien dans The Guardian (20 février 2010) révèlent les actions d’Albert Göring pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le titre se réfère aux 34 noms de personnes qu’Albert Göring a aidées et dont il sollicitait le témoignage devant le tribunal de Nuremberg.
Avocat israélien renommé, ancien membre de la délégation d’Israël lors de négociations de paix et ancien chef du bureau du Premier ministre, Gilead Sher a comparé Albert Göring à Oskar Schindler et Raoul Wallenberg dans un article du Jewish Chronicle (22 décembre 2010).
En 2011, Linda Parkhurst réalise Goering’s Last Secret, documentaire retrace la vie d’Albert Göring. Ce film a été diffusé par RMC Découverte le 19 juin 2015 à 20 h 45.
Matthias Göring (ou Goering), petit-neveu de Goering, « paladin d’Hitler », opère une démarche spirituelle vers la conversion au judaïsme. Il a accepté de témoigner dans le documentaire passionnant « Descendants de nazis. L’héritage infernal » de Marie-Pierre Rambault et Michael Grynszpan (2010). Né en 1956, il a quitté l’Allemagne pour la Suisse où il exerce la profession de kinésithérapeute, et soulage ses patients de douleurs. Endetté après son divorce, il cherche une solution qu’il trouve en même temps qu’une… « révélation mystique ». Sa quête spirituelle le mène vers des études théologiques au sein d’une institution protestante qui ne répond pas à ses attentes. Matthias Goring s’achemine alors vers le judaïsme et se rend en Israël. Très attaché à la Torah, il s’interroge sur le courant du judaïsme qu’il choisira et s’il aura la force d’aller jusqu’au bout du processus.
Petite-nièce d’Hermann Göring, Bettina Göring s’est faite stérilisée pour ne pas enfanter d’un monstre. Son frère a fait le même choix.
A Jérusalem (Israël), Yad Vashem a ouvert un dossier de Juste parmi les Nations au nom d’Albert Göring. Faute de témoignages nombreux et fiables, le titre ne lui a pas été décerné. « Nous avons recueilli deux témoignages de juifs qui étaient très jeunes à l’époque, et qui nous ont dit qu’Albert Göring a aidé leurs parents à émigrer de Vienne, mais sans nous dire ce qu’il a fait exactement. Mais il ne faut pas oublier qu’entre 1938 et 1939, les juifs étaient contraints à l’émigration, donc les aider n’allait pas contre la politique nazie, rappelle-t-elle. Il n’y a pas d’indication qu’il ait fait quelque chose d’illégal », a déclaré nous a confirmé Irena Steinfeldt, directrice du département Juste parmi les nations de Yad Vashem, à Paris Match (14 avril 2013). Et d’ajouter : « Des témoignages directs de survivants ou, dans de rares cas, des documents d’archives » sont nécessaires, même si « tout acte de résistance est grandement admiré ».
Visuel : © Thirty Four
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Cet article a été publié le 19 juin 2015.
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