Le Cambodge fut un protectorat français (1863-1953) à l'époque où l'Indochine française comprenait le Tonkin, l'Annam, la Cochinchine (colonie), le Laos, le Cambodge et Kouang-Tchéou-Wan (concession).
De 1975 à 1979, la dictature des Khmers rouges a imposé une autarcie et voulu créer une société communiste. Le Programme d'Étude sur le génocide cambodgien de l'université Yale considère que ce régime a assassiné environ 1,7 million de Cambodgiens, soit plus de 20 % des Cambodgiens. En 1979, l'invasion du Cambodge par le Vietnam met fin à ce pouvoir. Les Khmers rouges mènent une guérilla, et disparaissent vers la fin des années 1990.
« 1978. Les images retrouvées des Khmers rouges »
Arte diffusa « 1978. Les images retrouvées des Khmers rouges » (1978. Die wiederaufgefundenen Bilder der Roten Khmer), documentaire de Pierre Catalan et Serge Viallet, le 10 juin 2016. Dans le cadre de Mystères d’archives (Verschollene Filmschätze), les documentaristes révèlent des images inédites terrifiantes sur le génocide des Cambodgiens par les Khmers rouges.
Le 18 avril 1975, le quotidien français Libération titrait « Phnom Penh : sept jours de fête pour une libération ». Plus de deux millions d'habitants de la capitale du Cambodge ont été contraints de la quitter en trois jours. Les Khmers rouges ont fait table rase du passé. Ils sombrent dans une "folie meurtrière". Ses frontières avec le Laos et le Vietnam sont fermées.
De 1975 à 1979, année de l’invasion du Cambodge par le Vietnam, les Khmers rouges, proches de la Chine communiste de Mao, ont commis un génocide d’inspiration communiste dans le Kampuchéa démocratique. L’un des fomenteurs de ce génocide qui a fait environ 1,7 million de Cambodgiens sur sept millions d'habitants, soit plus d’un cinquième de la population, a été Pol Pot. Les causes : assassinats, famine, épuisement.

De 1975 à 1979, année de l’invasion du Cambodge par le Vietnam, les Khmers rouges, proches de la Chine communiste de Mao, ont commis un génocide d’inspiration communiste dans le Kampuchéa démocratique. L’un des fomenteurs de ce génocide qui a fait environ 1,7 million de Cambodgiens sur sept millions d'habitants, soit plus d’un cinquième de la population, a été Pol Pot. Les causes : assassinats, famine, épuisement.

Un film en noir et blanc a été tourné dans le nord ouest du pays où hommes et femmes, ainsi qu'enfants sont contraints à construire un barrage. Interdit de parler sur ces chantiers de travaux forcés de l'aube à la nuit, à la lumière des néons. "Trahir l'Ankar conduit à la mort". Le "peuple ancien" a "droit à quelques privilèges" : porter des vestes à boutons, fumer, etc. Le "peuple nouveau" était urbain : certains portent encore des tongs aux pieds. Le film date donc du début du régime. La "famine fait des ravages sous ce régime de terreur". Les mots "papa" et "maman" sont interdits. Les enfants sont particulièrement craints car ils détiennent droit de vie et de mort sur les adultes. La production de riz s'effondre, et une grande partie est exportée vers la Chine.
Des images en couleurs du stade olympique montrent des réunions du nouveau régime. Y accourent des membres du "peuple ancien", souvent analphabètes. Aucun spectateur ne porte de lunettes ou de montres, car celles-ci révéleraient une éventuelle trahison. Les formes de politesse sont abolies. Le "nous" est substitué au "je". L'écharpe à carreaux signale le "peuple ancien". Cette réunion vise à montrer l'unanimité et l'organisation au sein du parti. Un défilé militaire se déroule sans grand public. Les combattantes arborent des Kalachnikofs, armes soviétiques. Les chars semblent américains. Plusieurs cameramen filment l’événement au cœur de la ville, jadis animée. En 1966, le prince Sihanouk y avait reçu le président français, Charles de Gaulle. Quelques années après, le Cambodge était impliqué dans la guerre du Vietnam. Les Khmers rouges recrutaient leurs soldats dans ces régions bombardées. Les ruraux avaient fui pour rejoindre la capitale.
Dans un centre de formation, des adolescents suivent attentivement des cours pour "défendre la patrie". Certains ont été des enfants-soldats. Un matériel fourni par la Chine filme ces scènes, notamment chez un médecin.
En 1978, à l'initiative de Pol Pot, un film retrace la victoire de ses troupes, avec l'aide de tribus, sur celles de Lon Nol. Pol Pot avait donné des directives cinématographiques précises. C'est l'année de la seule interview de Pol Pot. Son choix : un média yougoslave. Une opération de communication
"Culte du secret et obsession de la trahison" caractérisent le régime des Khmers rouges et de son chef. En 1976, lors d'une réunion, la caméra filme l'évitement d'un serrement de mains entre dirigeants du parti. Signe annonciateur d'une prochaine élimination physique du dirigeant et de sa famille.
Peu de dirigeants étrangers se rendent au Cambodge sous les Khmers rouges. Pol Pot veut la guerre contre le Vietnam. La médiation du Laos s'avère inutile.
Presse française aveuglée
"Trois jours à peine après la chute de Phnom Penh, les gendarmes français livraient aux Khmers rouges, qui le tueront, le président de l'Assemblée nationale du Cambodge. Et il ne fut pas un cas unique. Sur ce point, le discours lénifiant de la France giscardienne rejoignait celui du Monde et de la plupart des organes de presse, y compris Le Nouvel Observateur. Cette complaisance explique aussi l'étrange amnésie qui va suivre. Alors que, dès les 24-25 octobre 1975, dans La Croix, puis les 17-18 février 1976, dans Le Monde, le père François Ponchaud évoquait les exactions du régime (évacuation des villes, exécutions systématiques, travaux forcés et, déjà, famine), son témoignage demeurait largement inaudible. Un Jean Lacouture refusait toujours d'y croire, confiera-t-il encore en 2001, parce que deux articles en avaient parlé dans Le Figaro. Sans doute ne lisait-il pas non plus Ouest France, qui, en février-mars de la même année, sortait aussi des témoignages accablants. Ni l'écrivain cambodgien Soth Polin et le reporter de l'agence Reuters Bernard Hamel, qui, en juillet-août 1976, publiaient les premiers témoignages sur le génocide en cours. La vérité devenant irréfutable, et bravant l'ire de Georges Marchais, Lionel Jospin sauvera l'honneur en donnant au Monde "Les socialistes et le Cambodge", tribune appelant à croire les réfugiés et demandant : "Où les camps de concentration ont-ils jamais créé un homme nouveau ?" Lacouture publiera Survive le peuple cambodgien ! et avouera en 1978 à Valeurs actuelles sa honte d'avoir été complice de loin, d'avoir "péché par ignorance et naïveté". Mais, le premier aussi, il emploiera le vocable douteux d'"autogénocide" (repris par le linguiste américain Chomsky !) et se risquera à parler de "national-socialisme de rizière" plutôt que, tout simplement, de maoïsme ou de communisme". (L'Express, 10 janvier 2012)
Des aveuglements récurrents d'intellectuels et de politiciens de la gauche française.
La Déchirure
En 1984, La Déchirure (The Killing Fields), film britannique oscarisé de Roland Joffé, avait montré les horreurs de ce régime, son mode de fonctionnement inhumain.
Interprété par Sam Waterston (Sydney Schanberg), Haing S. Ngor (Dith Pran), John Malkovich (Al Rockoff) et Julian Sands (Jon Swain), il s’inspirait de l’histoire du journaliste Sydney Schanberg, distingué par le Prix Pulitzer en 1976, et s’attachait à Dith Pran, en montrant le fonctionnement destructeur du régime génocidaire : embrigadement des enfants séparés de leurs parents, destruction de la famille, extermination d'un peuple contraint de quitter les villes pour survivre dans des campagnes pour sa « rééducation ».
Rithy Panh

« Rithy Panh continue d'explorer sa propre mémoire à vif d'un génocide qui a fait quelque 2 millions de victimes, auxquelles il n'a cessé de chercher à rendre justice dans son œuvre. Au-delà du pays natal à jamais perdu, l'exil qu'il évoque dans ce film poème, c'est à la fois la douleur du rescapé, « mort et vif », amputé d'une partie de lui-même, la nostalgie et l'impossible deuil d'un passé anéanti, l'absence au monde qui en découle. Mais par la magie de ses mots et de ses images, le cinéma devient un langage assez puissant pour renouer le lien avec le réel, les êtres et les choses aimés. On ne cesse de creuser la terre dans Exil, des perpétuels chantiers des Khmers rouges filmés quarante ans plus tôt aux trésors exhumés un à un par le personnage principal, comme la métaphore d'un douloureux retour vers la lumière. « Tu vois, ma mère, je t'attendais… » Citant Mao Zedong, Robespierre ou Alain Badiou, mais aussi René Char, Baudelaire et Apollinaire, la voix off, écrite une fois encore par Christophe Bataille, qui a cosigné avec Rithy Panh son livre autobiographique L'élimination (Grasset), mêle avec lyrisme une réflexion sur la révolution qui dévore les vies humaines (« La pureté, c'est la terreur… ») et une méditation intime où passent les souvenirs, les sensations, les sentiments ».
Arte diffusera le 27 juin 2019 "Les tombeaux sans noms" (Gräber ohne Namen) de Rithy Panh. "Sur les lieux où il fut déporté, enfant, par les Khmers rouges et où neuf des siens ont péri, Rithy Panh invoque les morts par les images, les mots, les rites. Une méditation bouleversante sur le deuil impossible engendré par le génocide."
"J’ai fait ce voyage pour m’asseoir avec les morts. Et pour parler avec eux dans les pagodes, au bord des routes et des fleuves […] Je suis retourné régulièrement dans ces lieux. Je n'ai pas trouvé de trace des tombes de mon père et de mes neveux. Ni des fosses communes où furent ensevelies ma mère et mes sœurs." En 1975, Rithy Panh, alors âgé de 11 ans, fut déporté par les Khmers rouges avec les siens dans une plaine agricole de la province de Battambang, dans le nord-ouest du Cambodge. La plupart ont succombé aux travaux forcés, à la famine et aux exactions de tous ordres infligés au "peuple nouveau", comme le régime de Pol Pot désignait les habitants des villes et des régions conquises."
"Continuant à sonder l'histoire d'un génocide qui a fait quelque 2 millions de morts, et le deuil impossible que ces quatre années de terreur ont légué aux rescapés, le cinéaste approfondit avec Les tombeaux sans noms une exploration autobiographique entreprise avec L'image manquante, puis Exil. Ce nouveau chemin qu'il essaie de tracer vers les disparus passe par des cérémonies bouddhiques, destinées à communiquer avec les âmes errantes qui n'ont pu être incinérées selon les rites. "Vay Tchol" ("frappé et jeté") : telle était la sanction promise à tous, rappelle un paysan, aussi chenu que les bonzes et les nonnes qui accompagnent Rithy Panh dans sa quête. Pour invoquer les êtres aimés et le manque lancinant par lequel ils survivent en lui, le réalisateur interroge la "plaine linceul", entre rizières et forêts, où la violence et la douleur restent enfouies au pied des arbres, dans la terre et les fondrières. Entre les mains parcheminées des officiants, un fil de coton, une figurine modelée dans une feuille de bananier, un œuf, une calebasse de fer, un cierge ou des bannières flottant dans le vent suggèrent aussi puissamment que les photos de famille le lien ténu qui peut se tisser entre morts et vivants. En écho aux incantations qui cherchent et qui consolent, les réminiscences imagées des vieux témoins rappellent ce qu'il s'est passé en ces lieux. Si ce film en forme de méditation bouleverse une fois encore, c'est aussi par la manière dont il tente de capter l'âme d'un pays meurtri, pour offrir au travers des rites, de la nature, de la parole, sinon l'apaisement, au moins l'acceptation de ce qui fut."
"1980. Marche pour la survie du Cambodge"
Arte diffusa le 16 décembre 2017, dans le cadre de Mystères d'archives (Verschollene Filmschätze), "1980. Marche pour la survie du Cambodge" (1980. Marsch für das Überleben Kambodschas), de Serge Viallet.
"En 1980, un an après avoir occupé le Cambodge, le Viêtnam est accusé d'y organiser une famine à grande échelle".
"Près de sa frontière avec la Thaïlande, les ONG Médecins sans frontières et International Rescue Committee organisent une marche à laquelle participent de nombreuses personnalités".
Arte diffusera le 27 juin 2019 "Les tombeaux sans noms" (Gräber ohne Namen) de Rithy Panh. "Sur les lieux où il fut déporté, enfant, par les Khmers rouges et où neuf des siens ont péri, Rithy Panh invoque les morts par les images, les mots, les rites. Une méditation bouleversante sur le deuil impossible engendré par le génocide."
"J’ai fait ce voyage pour m’asseoir avec les morts. Et pour parler avec eux dans les pagodes, au bord des routes et des fleuves […] Je suis retourné régulièrement dans ces lieux. Je n'ai pas trouvé de trace des tombes de mon père et de mes neveux. Ni des fosses communes où furent ensevelies ma mère et mes sœurs." En 1975, Rithy Panh, alors âgé de 11 ans, fut déporté par les Khmers rouges avec les siens dans une plaine agricole de la province de Battambang, dans le nord-ouest du Cambodge. La plupart ont succombé aux travaux forcés, à la famine et aux exactions de tous ordres infligés au "peuple nouveau", comme le régime de Pol Pot désignait les habitants des villes et des régions conquises."
"Continuant à sonder l'histoire d'un génocide qui a fait quelque 2 millions de morts, et le deuil impossible que ces quatre années de terreur ont légué aux rescapés, le cinéaste approfondit avec Les tombeaux sans noms une exploration autobiographique entreprise avec L'image manquante, puis Exil. Ce nouveau chemin qu'il essaie de tracer vers les disparus passe par des cérémonies bouddhiques, destinées à communiquer avec les âmes errantes qui n'ont pu être incinérées selon les rites. "Vay Tchol" ("frappé et jeté") : telle était la sanction promise à tous, rappelle un paysan, aussi chenu que les bonzes et les nonnes qui accompagnent Rithy Panh dans sa quête. Pour invoquer les êtres aimés et le manque lancinant par lequel ils survivent en lui, le réalisateur interroge la "plaine linceul", entre rizières et forêts, où la violence et la douleur restent enfouies au pied des arbres, dans la terre et les fondrières. Entre les mains parcheminées des officiants, un fil de coton, une figurine modelée dans une feuille de bananier, un œuf, une calebasse de fer, un cierge ou des bannières flottant dans le vent suggèrent aussi puissamment que les photos de famille le lien ténu qui peut se tisser entre morts et vivants. En écho aux incantations qui cherchent et qui consolent, les réminiscences imagées des vieux témoins rappellent ce qu'il s'est passé en ces lieux. Si ce film en forme de méditation bouleverse une fois encore, c'est aussi par la manière dont il tente de capter l'âme d'un pays meurtri, pour offrir au travers des rites, de la nature, de la parole, sinon l'apaisement, au moins l'acceptation de ce qui fut."
"1980. Marche pour la survie du Cambodge"
Arte diffusa le 16 décembre 2017, dans le cadre de Mystères d'archives (Verschollene Filmschätze), "1980. Marche pour la survie du Cambodge" (1980. Marsch für das Überleben Kambodschas), de Serge Viallet.

"Près de sa frontière avec la Thaïlande, les ONG Médecins sans frontières et International Rescue Committee organisent une marche à laquelle participent de nombreuses personnalités".
Sur Arte le 16 décembre 2017 à 17 h 55
Visuels :
Mercredi 6 février 1980. Thaïlande. Province de Aranyaprathet. A la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Une des banderoles des participants à la Marche pour la survie du Cambodge
© INA
6 Fevrier 1980. Claude Malhuret,president de MSF France de 1978 a 1979, Xavier Emmanuelli, president de 1979 a 1980, et Rony Brauman, president de 1982 a 1994, pendant la "Marche pour la survie du Cambodge", a la frontiere entre le Cambodge et la Thailande, pres d'Aranya-Prathet. En tête de la marche, une banderole en 3 langues : "Cambodge, marche pour la survie. Permettez-nous d'aider le peuple khmer."
Claude Malhuret, president of MSF France from 1978 to 1979, Xavier Emmanuelli, president from 1979 to 1980, and Rony Brauman, president from 1982 to 1994 during the 'march for the survival of Cambodia', on the Thai border in 1980.
© MSF
© INA
6 Fevrier 1980. Claude Malhuret,president de MSF France de 1978 a 1979, Xavier Emmanuelli, president de 1979 a 1980, et Rony Brauman, president de 1982 a 1994, pendant la "Marche pour la survie du Cambodge", a la frontiere entre le Cambodge et la Thailande, pres d'Aranya-Prathet. En tête de la marche, une banderole en 3 langues : "Cambodge, marche pour la survie. Permettez-nous d'aider le peuple khmer."
Claude Malhuret, president of MSF France from 1978 to 1979, Xavier Emmanuelli, president from 1979 to 1980, and Rony Brauman, president from 1982 to 1994 during the 'march for the survival of Cambodia', on the Thai border in 1980.
© MSF
« Exil » par Rithy Panh
2015, 77 min
Sur Arte le 6 juin 2017 à 22 h 20
Visuels : © Film Distribution
Le réalisateur Rithy Panh
L’exil est un abandon, une solitude terrifiante. Dans l’exil, on se perd, on souffre, on s’efface. Mais on peut retrouver les siens, aussi. Au pays des mots, des images, dans la rêverie qui n’est pas seulement enfantine. Tout commence par l’exil et rien ne vaut que par lui. Le film "Exil"est une méditation sur l’absence ; sur la solitude intérieure, géographique, politique.
« 1978. Les images retrouvées des Khmers rouges », de Pierre Catalan et Serge Viallet
2010, 26 min
Sur Arte le 10 juin 2016 à 12 h 50
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